Accueil | décembre 2006 »

Sous un banc du centre-bus, quelques grands sacs plastiques, un duvet roulé, tassé… en attente pour tout à l’heure… quand nous serons tous rentrés… qu’aura cessé l’allée venue pour ce centre commercial au dessus… là où le béton est habillé… adouci pour que s’écoulent tous ces stocks sous les néons… tous ces stocks qui la nuit tombée… ces empilements d’objets… ces colonnes… ces gondoles… cette abondance en un lieu muet et désert!… Monté dans le tramway de peu… porte qui se referme sur mon bras… s’ouvre… couru derrière ces deux gosses… collégiens… un grand costaud et un tout petit… bavard!… si heureux de la perspective… le répète… il n’ira pas en cours pendant quinze jours… deux stages bientôt… avant les vacances de Noël… il prendra un haut blanc et un pantalon noir… empruntera une paire de chaussures à son père… des noires… ses Timberland… il va jouer au serveur… happé bientôt aux journées qui s’enchaînent… cadenassent… tu trouves pas que c’est un peu con de donner une journée pareille à un patron… apprenti junior… quelques uns écriront là-dessus… cette chance offerte… ce mieux que l’échec… porte de sortie… ils sont descendus… marchent vers un Lidl… le parking… les barres d’immeuble… pavillons rikiki et bouts de pelouse… logements sociaux… aumône accordée de vivre sans personne qui vous marche au dessus de la tête… un garage sous les pieds… un nain de jardin et deux arbustes… sur des cintres des uniformes de postiers… centre de tri… cette voiture rouge sur une remorque… une antiquité… fuselée et incongrue… inutile… terminus de la ligne… Jules Verne… le barbu dessiné sur la vitre de l’arrêt… une grappe de gosses hurlant est montée… survoltés de la fin des cours… c’est seulement après que j’ai aperçu le fourgon blanc au gyrophare… police municipale… anges gardiens qui reluquent derrière leurs vitres… la grappe de gosses énervée… et demain grosse de colère…

Proust: difficile à lire. Impossible de l’apprécier si on n’a pas lu toute

la Recherche...

et la lire en entier un travail de titan! Ou/et: à quoi bon lire la description de cet univers mondain et vieillot?

Flaubert: parler de son gueuloir. Le procès de Mme Bovary. Un novateur pour son époque. Description de la petite bourgeoisie de province (et prétendre y lire la chronique quotidienne de ses ancêtres!) Son goût de la perfection (d’où travailleur infatigable): sans plus de détails bien entendu..

Balzac: Yo-yo de la vie d’artiste: un jour en haut, un jour au plus bas.  Etre capable d’évoquer sa correspondance et ses amours. A écrit beaucoup parce qu’il était payé à la ligne.

Dostoïevski: épileptique. Difficile de s’y retrouver avec tous ces noms russes.

Sartre: l’intellectuel engagé. se gorger de l’expression: « l’un de ces compagnons de route du P.C. » Assis au café de Flore (l’expresso y est bien cher maintenant!)

Steinbeck: mieux en film. Bien connu que les Américains sont meilleurs dans le polar (même imbattables). Ont du mal avec les idées. L’anglo-saxon ne peut être vraiment de gauche.