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31/01/2007

dos courbés au bar…

esquisses à la Goya… surgissement road movie… monstres presque oubliés… masse informe… vague collection recensée… pourcentages fantomatiques… pays profond… alcooliques exclus précaires misère rurale gens ordinaires… roulés au fond de l’abîme... épuisés par la pente douce du temps qui passe… endormis au creux qui les accueille…

main gauche au fond de la poche du pantalon, main droite posée au pied de son muscadet, caressant doucement le formica du comptoir, cherchant des yeux à qui parler…

porte-monnaie trop étroit… le secouer… pièces surgies roulent au comptoir… morve qui coule des narines… là où les poils jamais atteints par le rasoir… tasse de café trop chaud… l’emmener lentement lèvres qui lapent…

doigts nerveux se recoiffer… des deux mains et des épaules réajuster le blouson cuir… paquet tiré de la poche au comptoir… pincée de tabac… rouler vite… doigts trop serrés à la flamme… briquet au comptoir… main tremblante demi saisi… aussitôt reposé… doigts enserrés au pied du verre… 

29/01/2007

bout de portrait d’après vidéo

freluquet frêle… grimpé sur scène nerveux… pendant qu’eux l’intro… accords martelés… chanter l’iguane ancêtre… profil offert… fixe pendant qu’eux s’agitent… po-go… repoussent!… projettent!… instables désordonnés… écoute immobile… menton qui tombe nuque fléchie… presque les larmes aux yeux… no fun… penché vers eux le doigt tendu… les désigner circulaire… que pas un ne manque à l’appel… que tous ici sachent… no fun… faire l’inquiétant de son corps… démantibule désarticule… no fun… to be alone… pied du micro saisi… en menacer… cogner au parquet… maybe go out… maybe stay home… maybe call mom on the… telephone… frapper… frapper encore… dernier accord envoyé… tonique et quinte… raide et puissant… cogner ce pied… dernière résonance sur l’ampli… cogner qu’ils entendent… martelé… un peu du souffle trop tendu…

such a primal desorder…

(John « Rotten » Lydon, club 100, Londres)

29/01/2007

pas son habitude… mais là, carte bleue rétive… lecture impossible… tentatives pour rien… qui donc l’hurluberlu… coup d’œil discret… maintenant que viande coupée… pesée empaquetée!… méfiance naturelle… presque éteinte aussitôt… puisque homonymes!… rapproche… de quoi dire en attendant que la carte… généalogie… parents peut-être… lointains… une même souche… un oncle à lui… arbre constitué… des années!… bénédictin… pouvait m’expliquer… d’où et quand mes origines… nos!… ne rien lui dire… le laisser à son flux… son monde était Touraine… le mien marches vendéennes… mais qu’importe!… qu’il raconte Schéhérazade à moustache tablier blanc… Bretagne lointaine… un village… nom oublié… arrivés au dix-huitième siècle… vers Tours… des costauds!… venus poser les rails de chemin de fer!…

guère eu le temps de plus… carte bleue débloquée… ne pas lui dire… récits de l’oncle voyageur… bourse d’études l’océan traversé… ce nom aux annuaires… rêveries môme... bribes fantasmées d’Histoire… crève-la-faim partis en terre promise… ramassés bourrés la nuit embarqués La Rochelle… disséminés… de Québec en Louisiane…

boucher porte-racines

28/01/2007

Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes.

G.Perec, Espèces d’espaces

Tout pourrait commencer par ce constat simple, mais tant de fois réitéré, assis à la table d’un bistrot, observant le hall de la gare depuis le comptoir du buffet, regardant par la fenêtre la rue, les immeubles et le reflet des élèves sur la vitre : si difficile l’appréhension globale, si délicate la superposition des espaces, des temps, des histoires de chacun, des conversations qui se mêlent, s’additionnent et s’annihilent… Bien difficile de s’en sortir dans la linéarité de la phrase, l’exposé méthodique quand il s’agit d’explosion… bien fragile le fil de la narration quand il s’agit de matière à mettre en place plutôt qu’en ligne…

Le réel fuit, échappe imperturbable parce que si délicat de traduire le désordre du monde autour, de ma perception et du discours que je tiens à partir de ces bribes… J’entends, je vois, je sens, j’ai peur, je suis surpris, sens et ressens me souviens : et là enfin dire ! Dire mes mots les leurs, organiser ce chaos où tout se mêle… Raconter quoi dès lors, jetant un coup d’œil aux carnets : des histoires certes, les leurs la mienne, disposés par bribes, empreintes relevées avec lesquelles reconstruire. La tentation est grande d’en faire des personnages, de s’y placer parmi, au centre ou désaxé, mais les raconter dans l’ordre factice qu’on sait leur imposer. Ou de les figer, instantanés disparus dans l’instant, esquisses légères, sans importance, perpétuelle ligne de fuite où mieux être là sans l’être… regard posé qui dit l’absence.

Admettre que du monde et des êtres ne nous reste que des traces.

Le temps passe et nous accumulons, sédimentons le réel en nous… le réel est du temps mis en strates : superpositions continuelles des inscriptions en mémoire, souvenirs qui se greffent au perçu dans l’instant, bribes de rêves resurgies… Quoi sinon les souvenirs nous permettent de reconstruire le réel autour !

Lire ces traces, les déchiffrer.

Le réel n’est que signes perçus, dénichés pour faire sens, signes qui s’imposent et font peur, s’accumulent et brouillent…

S’attaquer au palimpseste, tenter de mettre en ordre la phrase du réel, cet entrecroisement de signes, débusquer la grammaire de cette écriture, patiemment reconstruire, écrire ces traces : 

pêle-mêle journaux broderies initiales gravées panneaux carnets notes pubs lectures musiques discours sur l’Histoire lieux communs photos objets légués traces en chair cicatrices aux tréfonds

Non pas reproduire le réel, mais produire les traces dont nous sommes faits, traces déposées discernées disposées, dire l’individu sédimenté puisque construit par… Peu importe dès lors la désignation :

inutile le démonstratif, ce qui fait trace s’applique, m’implique sans distance. Le réel n’est plus un monstre, ni même un objet, puisqu’inscrit en moi, part de l’individu écrivant.

inutile le sujet, les êtres dits le sont par ce qu’ils véhiculent, par ce qui les lie au monde, leurs souvenirs, les liens entre eux, les clichés véhiculés, les reflets du social… leurs traces.

Si les traces m’impliquent dans un rapport d’immédiateté, dès lors s’impose un dégraissage, une suppression de toutes les liaisons narratives et explicatives.

Et si le réel est palimpseste, son dit se doit aussi de l’être.

Traces accumulées, entrecroisées, pour qu’enfin par résonance se crée volume et sens, que l’immédiat devienne intelligible : ordonner ces bribes sur un axe temporel linéaire, un lever et le déroulement d’un repas, et autour de cette colonne vertébrale, faire s’enchevêtrer, broder. Tenter d’approcher la puissance du riff.

Placer le personnage principal dans un lieu et une situation où s’accumulent les traces, où elles s’imposent et par leur omniprésence provoque un malaise par saturation. La sédimentation des traces ne crée pas nécessairement un ordre…

Faire du texte un réceptacle polyphonique, un lieu où se multiplient les voix, comme dans ces blues construits dans la répétition des mêmes motifs et un jeu de réponses avec modulations, dynamique de transformation lente : autre sédimentation…

Rêve d’une vaste table de mixage : reprendre différents textes, et différents états du texte. Leurs strates diverses sont aussi traces.

26/01/2007

jamais pu lire allongé… endormi aussitôt!… bascule à l’abandon… sommeil et rien…

enfant réveillé tôt lire au lit… seul au silence… parenthèse hors du monde… y plonger…

longtemps lu le matin… avant que le travail…

matin de Noël… livre tiré du paquet… bibliothèque rose ou verte… club des cinq Davy Crockett… en une heure les lire… se lever… parents étonnés… déçus que le cadeau dure si peu… un rendement faible!… impossible insinué dans leurs yeux…

lire relire… les mêmes… avant que la bibliothèque municipale…

longtemps encore… impression de n’avoir rien lu… d’un éternel tourne en rond… pages reprises… lire en petit nombre…

cet aveu… livre repris chaque fois à son début… il y avait pire!…

comprendre enfin ce qu’ils signifiaient disant lire… avoir lu… collègues encyclopédistes… répétant la glose convenue… l’entre-glose jusqu’à eux parvenue… enchaînant les clichés… d’autres yeux lisaient pour eux… sophistes sans cause sinon l’orgueil…

encore et toujours s’y confronter…

Qui ne dirait que les gloses augmentent les doutes et l’ignorance, puisqu’il ne se voit aucun livre, soit humain, soit divin, auquel le monde s’embesogne, duquel l’interprétation fasse tarir la difficulté?

Montaigne, Essais III, ch. 13.

encyclopédiques et creux… autruches devant la vague… classiques… les classiques!!!… quand les liront donc sinon au lycée… si c’n’est au… dégoûtés d’un Barbusse affolés d’un Céline… la plupart!… Sévigné en force… aujourd’hui demeure lettres mortes… et pourtant… cyclone à l’horizon… son vent déjà sur la toile… aux libraires… résumé.com…

Je me borne à constater les faits: cette littérature n’intéresse pas les élèves. Ils ne souhaitent pas se plonger dans la problématique des poèmes et des romans, formuler un jugement sur les personnages, ni analyser la palette des techniques littéraires. Ils préfèrent feuilleter des recueils de classiques condensés et apprendre par cœur des rédactions types. (…) Pourquoi lisent-ils donc les milliers de pages de Harry Potter au lieu de se contenter d’un résumé de trente pages? La popularité des substituts que sont ces condensés de littérature et le fait que les enseignants soient désormais incapables de lutter contre montrent bien que le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

(à lire dans Courrier international n°847, interview extrait du journal Ogoniok, Moscou)

Heureusement celle qui parle est russe. Natalia Grantseva, célèbre écrivaine de Saint-Pétersbourg, rédactrice en chef de la revue littéraire Néva. (id.) Pas chez nous qu’on oserait un tel discours!…

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

le « capitalisme sauvage » sait mieux réagir que notre intelligentsia humaniste .

25/01/2007

leur bagues étaient d’or… volume posé au doigt… énormes… bijoux d’un autre temps… surgis d’où… tignasses emmêlées… grosses chemises à carreaux… parlent fort se bousculent… même porte franchie… eux les clients à cravate… mêmes plats du jour… mais tout l’espace occupé… envahi… présents jusqu’à saturation… force déployée… et si pâles… si faibles autour… même riant au Ricard…

Scapins en force…

24/01/2007

aller

foulard sur la tête… cageot tendeurs au vélo… nous dépasse… trace des roues dans la neige… à peine tombée… file dans la descente… et stoppe… sous le pont… gris aux graffitis… éclats de verre… bouteilles bues éclatées… cartons des packs… descendre… vélo en mains passer sous… et aussitôt remonter… grimpée sur l’engin file…

retour

marche se retourne… oui nous toujours… carottes et navets sous poches plastiques… un bon kilomètre déjà… depuis l’Ecomarché… marche se retourne… sous le pont va comme au mur… demi-tour… nous regarde… une cigarette… l’allumer… première taffe… nous passés… enfin pouvoir parler… discuter sous le vrombis continuel… parler fort voix résonne… parler… cet autre avec qui… porté jusque là… secret et qui ronge…

22/01/2007

tirer le volet lourd… double pan déplié… muret blanc… lune cédille… quelques roses encore… mort-nées flétries… l’hiver doux…

crémone tournée… rideau tiré…

dormir plus tard… puisque demain travail… gagner… rogner…

casque aux oreilles vieillerie Google… interview Grateful dead… qu’ils se savent enfants… gamins qui poussent… grandissent… plantes qui s’élancent…

grow up…

images Height Ashbury… mini concert au parc…

dancin’ in the street…

souvenir main tendue… bracelet indien… cheveux longs les doigts maigres… la joue terne…

some change, man…

revenant vêtue mauve pâle…

some change, man…

si heureux mon Epiphone en soldes…

21/01/2007

21/12/2006 (à faire)

L’ancienne propriétaire de la maison: ce rêve d’un pavillon rempli de livres; en mettre partout, couvrir les murs; en acheter à tout va, brocantes, vide greniers… pour en faire quoi? Se cacher quoi?

Grévisse est dynamite!

d’un papier boîte aux lettres retrouvé aux étagères…

et d’un masque tombé quand les lèvres dictent…

manifestations de type révolutionnaire obsolète

rhétorique air du temps… entichés de grammaire mais qu’importe…

L’avenir se prépare aujourd’hui et dès demain il faudra parler du futur.

simple portail au passé… temps béni de l’encore… règles apprises sans même savoir qu’en faire… vernis qu’on écaille guère… si parcimonieux à l’usage… cérémonieux toujours…

Une caractéristique des époques démocratiques est l’implacable avance de l’individualisme.

belle langue nôtre… patrimoine conservé… mis à l’abri… mis à distance…

Aujourd’hui, les jeunes libérés de leurs inhibitions, prennent plaisir à causer des dégâts inutiles.

vide creusé… mots vertige… s’enflent et meurent…

sans abandon au silence leur laisser la parole…