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3/03/2007

de là tenter soi d’un peu dire

« Vous avez dû éprouver un étrange écoeurement, quand, toutes vos affaires une fois rangées, vous vous êtes vue seule dans un gîte inconnu, avec la grande ville tout autour de vous. » 

Flaubert, Correspondance, p451.

"La rue conduit celui qui flâne vers un temps révolu. Pour lui, chaque rue est en pente, et mène, sinon vers les Mères, du moins dans un passé qui peut être d’autant plus envoûtant qu’il n’est pas son propre passé, son passé privé. Pourtant, ce passé demeure toujours le temps d’une enfance. "

Walter Benjamin (s. d.), « Le flâneur », Paris Capitale du XIXe siècle

Ainsi l'amoureux de la vie universelle entre dans la foule comme dans un immense réservoir d'électricité. On peut aussi le comparer, lui, à un miroir aussi immense que cette foule ; à un kaléidoscope doué de conscience, qui, à chacun de ses mouvements, représente la vie multiple et la grâce mouvante de tous les éléments de la vie. C'est un moi insatiable du non-moi, qui, à chaque instant, le rend et l'exprime en images plus vivantes que la vie elle-même, toujours instable et fugitive.

Le peintre de la vie moderne

, III. "L'artiste, homme du monde, homme des foules et enfant", Le Figaro, novembre–décembre 1863

29 ter

d'un coup de reins bien sûr, mais d'un coup de riens...

29 bis

écrire tandis qu’à l’écran (Google video blues)

New York dolls à l'écran… Marylin au dos, voix couverte hurler mais… personality crisis.. penché au micro, tout lèvres bouche ouverte au souffle court, traits tendus , plis sous les yeux… agiter ses hanches que Marylin elle aussi… buste qu'on avance se cambrer encore… mouvements d'épaule, légèrement de côté s'approcher du micro… doigt tendu, mains qu'on frappe qu'on jette en l'air… serrer le pied du micro… regarder la caméra le public, comme si là quelque chose à trouver ou déclencher… buste en avant se pencher lever les yeux… glisser pieds joints danse de poupée sur boîte à musique… oui une poupée new yorkaise… androgyne est mot convenu… colère et défonce l'abîme qui s'ouvre… ressentir et non revendiquer, constater les dégâts et se les infliger, les souligner pour devenir icône ou simplement terriblement conviendrait mieux parce que nécessaire sans savoir le pourquoi et qu'on sait faire… I need a fix and a kiss… poupée blanche poupée poudrée les yeux cernés et l'oeil profond, trop fixe… savoir que s'agiter malgré tout… rien ne suffit… devant la vitrine poser, mannequins muets derrière la vitre, immobiles… longues jambes maigres se vouloir provocant, d'un coup de riens, une main sur la nuque les cheveux longs… et ces gosses rire aux lèvres, imitant sans maudire

29/03/2007

jeudi dernier l’échafaudage encore: s’incorpore s’assimile… seuls trois peintres au fourgon, sandwiches et Butagaz… hanches aux vitrines la pharmacie, dos et profils… moins 10% pour les Rameaux… toute commande d’un monument funéraire avant… 4th colour layer… stationné en zone bleue… peinture blanche sur la vitrine, pizzeria fermée… drapeau noir damier blanc mobylette jaune livraison… suite à une recrudescence d’agressions… Paribas… 3,9% seulement… aujourd’hui, la semaine dernière… 4th colour layer… zone bleue… cartons plastiques palette vide tout s’entasse porte ouverte nouveau comptoir emballé astiquer la vitre frigo Coca… location matériel médical… rutilante astiquée puissante berline des faits divers écrit quoi dans son dos cuir se penchait une cigarette cendrier vide attendait quoi profil mouvement la gomina

boîte à musique l’échafaudage…

28/03/2007 Bis

tant pourtant l’ont dit

(…) réfugiez-vous, loin des motifs généraux, auprès de ceux que vous offre votre propre quotidien ; peignez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugitives et la foi ardente en quelque beauté – peignez tout cela avec une ardente, silencieuse, humble sincérité, et servez-vous, pour vous exprimer, des choses qui vous entourent, des images de vos rêves et des objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas ; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n’êtes pas assez poète pour en évoquer les richesses ; car pour celui qui crée, il n’y a pas de lieu pauvre, indifférent. Et quand vous seriez vous-même dans une prison dont les murs ne laisseraient parvenir jusqu’à vos sens aucun des bruits du monde, -- n’auriez-vous pas encore votre enfance, cette richesse précieuse, royale, cette chambre forte des souvenirs ? C’est vers elle qu’il faut tourner votre attention. Essayez de faire remonter les sensations enfouies de ce vaste passé (…) Vous ne tenterez pas non plus d’intéresser des revues à ces travaux – car vous verrez en eux une propriété naturelle et qui vous est chère, une part et une voix de votre vie. Une œuvre d’art est bonne quand elle est issue de la nécessité. Elle est jugée par la nature de son origine, et par rien d’autre.

Rilke, Lettres à un jeune poète

28/03/2007

silhouette 4

leurs bras enchevêtrés, toujours eux deux la marche lente, lui plus haut d’un chapeau, pardessus pantalon gris chaussures noires d’un pied l’autre à peine soulevés pas même projetés l’illusion d’un appui ferme avancer, à ce bras pris plus qu’enroulé ou agrippé, parallèles et collés continuer tant bien que mal il faut encore et puis quoi d’autre de tous ces jours, parler sans voix lèvres remuent son oreille proche y verser quoi le regard droit sur l’horizon des pavillons murets voitures et les arbustes, mêmes pas mêmes trottoirs à peine un kilomètre rayons d’un cadran vide silence opaque, boutonnée haut pantalon bleu ce foulard gris, droite encore et plus souple l’œil qui navigue derrière les lunettes larges l’œil aux côtés

les regarder passer et les imaginer tous deux assis au bord d’un lit, jambes maigres mèches en plaque au crâne chauve le buste qui décharne

silhouette 5

perché sur son vélo fuselé rouge et noir, lui si tassé des épaules quand debout, lunettes noires casque idem, si peu de peau sinon les joues et bouts des doigts sortis des gants, si ce n’était cette voix ce ventre rebondi favoris blancs

26/03/2007

seulement un regard, d’elle à lui plus prolongé… ce sourire aussi, envoyé comme pénétrer silencieuse la parole est inutile… se comprennent, connivents réagissent à l’identique, pour une syllabe écrasée, une phrase où pourtant parler pour ne rien dire… leur donner bref en pâture et fuir, se lever café bu et puisque la sonnerie… plus nus qu’ils n’imaginent, ce goût du plus l’envie du haut: propres et nets, si lisses, mais cet abîme qu’ils défendent, pied à pied, jour après jour… se savoir se croire s’entre-persuader… ils se croient disait ma mère des orgueilleux… oui, ils se croient: s’imaginent, s’attachent à la vérité de leurs regards croisés… non pas croisés, regards miroirs, regards reflets!… fameux renvoi d’image… jouissent de la différence, se raccrochent au distinct… cette inutile volonté d’être…

dix-sept ans déjà que j’fais c’boulot

sacerdoce profession engagement lourde tâche: apprendre à dire ces mots lèvres pincées, puis jambes écartées sourire aux lèvres, deux bras tendus gobelet plastique entre les paumes café trop chaud cet arrière goût Javel

25/03/2007

turnaround

1. écouter… encore un verre qu’on vide… la nuit qui va… son histoire, non son récit… avoir à dire sinon pleurer

ces mots qu'on balance sans trop savoir, mais

24/03/2007

silhouette 3

penché au caddy, ânonnant du doigt, lèvres remuent, simili jean une toile plus fine, parka noire, brodequins idem, cou comme soudé pris aux épaules, comptent en ligne les six bouteilles, ses joues tavelées, cheveux bruns sous casquette, recule se penche recompte encore les fixe immobile et pivote, genou fléchi bras tendu un pack cette fois du rouge encore, tirer remonter ces trois bouteilles dans du carton

(décrire le mouvement est-il raconter?)

23/03/2007

silhouette 2

pantalon toile délavé de grosses fleurs bleu clair délité le rose bave au blanc, boîte la jambe raide main à plat sur la cuisse balancer cette jambe qu’elle avance, socquettes roses et baskets, doudoune blouson multicolore des fleurs encore cette impression d’épaisseur (toutes ces coutures si proches), lunettes rondes montures marron montures plastiques deux yeux qui louchent, si pâle deux dents sur la lèvre inférieure sourit bonjour tête qui se penche à l’épaule voix trop aiguë voix forcée, cheveux raides qui ballottent coupe d’avant qu’on bricole la maintenir