oui, les journées blanches existent l’envie de rien tourner en rond traîner sa misère l’envie d’un poing tout et rien jamais plus de cinq minutes idées en vrille à faire à faire s’y mettre tellement plus simple délivrer plutôt que gros souffrir encore anxieux d’une ombre
non, croire à leurs mots n’est plus possible toutes ces poses du clinquant qui calenche regretter soudain d’avoir à perdre l’émeute aux lèvres mains dans les poches classe onéreuse inoffensive avoir appris la peur de la mort le dégoût du sang heureux d’un air désabusé anesthésié ricaner des drapeaux et baver du passé
non, nulle permanence bourgeoise ou paysanne mais l’engluement du disparate soumis plus qu’au changement à la destruction prochaine et programmée
oui, enfin dire le cerisier en fleurs les branches touffues du blanc l’aérien qui s’impose et s’obstine
non, ne pas l’admettre tout est dit les dés jetés qu’on n’y peut rien que c’est ainsi bien s’y résoudre s’y résigner et s’y dissoudre s’y oublier se dire que le tragique est ailleurs loin du destin qui nous échappe derrière l’écran toujours plus loin de feu de flammes et non ce silence de l’abandon
oui, s’agenouiller se pencher encore doigts au sillon du pouce et l’index nulle rotation mais ce frottement d’envol et chute avancer encore sans trop perdre le fil et revenir en arrière pour plus de sûreté
non, nul vertige nez au sol soi le ciel ce peu répété accroupi sur une planche
oui, s’inscrire cyclique
non, nulle quête d’une consistance
oui, une porte peut s’ouvrir quand la fleur du pommier la regarder encore oser l’abandon qu’enfin abstraite la durée
non, 42 secondes ne peuvent suffire devant un tableau
oui, basculer perdre pied sentir son poids se sentir là se sentir vivre mais chu se réveiller l’épaule en vrac l’arcade qui saigne et cette botte sur le ventre
non, l’apologue est inutile mais dire les mots notre faiblesse est peur du ridicule
oui, dire que kitsch est bâillonner sans condamner
non, la fin des illusions n’est pas la fin des utopies
oui, se remettre debout sans attendre la chute renier cet esthétisme du pire
non, les contours ne sont pas flous seules les consciences
oui, l’art divinatoire se nourrit de catastrophes
non, les mots ne sont rien embastillés au solipsisme
oui, écrire encore
non, la mort ne suffit pas pour comprendre ni même pour fuir