24/05/2007 Bis
rien sinon cette odeur de Gauloises sur le palier seul indice d’un retour d’approcher le chez soi et ces clés dans la poche mais si bien là parmi la monnaie ce billet plié ces clés un verrou une serrure nécessaire adéquation ne pas s’être trompé d’étage cette porte bleue quelques années déjà identiques ces portes commandes de l’Etat ces couloirs identiques le même carrelage les mêmes peintures aux murs et ce même téléphone collectif au milieu du couloir sa chambre là du côté droit résidence universitaire s’être trompé d’étage essayer cette clé introduite le tour se refuse essayer encore sortir introduire et ces quelques chiffres un carré noir sur la porte bleue non au dessus s’être trompé parce que les bières et ces heures de lecture prendre des notes les entasser tous ces bouquins bibliographies infinies et ces réserves immenses bibliothèques danaïdes s’y perdre s’y noyer trouver là l’abandon quelques années rentrer chez soi quelques mètres carrés en supplément maintenant qu’une fiche de paye après ces bourses habiter là y vivre y dormir de là se rendre au travail revenir corriger des copies faire des courses le supermarché là-bas cette zone commerciale sur chaque bord de nationale N20 qui jusqu’au Châtelet ou plein sud habiter là y avoir déménagé amener quelques meubles un peu de vaisselle usagée acheté un matelas des étagères d’agglo y entasser quelques livres de poche serrer les disques vynils en bas lester l’étagère acheter une platine CD un ampli Marshall faire la cuisine sur deux plaques électriques quelques canettes au frigo des grands parents maintenant que morts leurs assiettes idem se perpétuent que d’un objet leurs ombres s’allongent Bushmill au placard sous l’évier manger là face au mur cette table de pin s’asseoir sur cette chaise et mâcher seul se remémorer ceux avec qui quelques paroles si peu parfois ces jours sans travail mais la radio leurs voix entre ces murs l’espace habité enfin l’air qui résonne et tout savoir du monde écouter même la météo marine cela vaut bien d’aller se laver les mains trois fois tellement l’ennui d’une soirée voix claire sa précision sensuelle deux lèvres au souffle long souffle où la chair des mots litanie qu’on enrobe Fischer Viking et Ouessant avis de grand frais pour les secteurs non pas l’imaginer son corps derrière une table un micro elle se penche une main à plat l’autre tient la feuille la tenir de deux doigts feuille soulevée non pas l’imaginer mais s’abandonner au texte lu cet ordre figé si peu de sens mais l’écouter encore s’y apaiser s’abandonner à sa présence cette voix familière celle des quais de gare ainsi suave et rassurante pas une syllabe ne manque l’entendre et aller lavé du doute quai numéro deux veuillez emprunter le passage souterrain pour les passagers manger là fenêtre entrouverte la buée sur la vitre buée des nouilles buée patates frugal manger vite entre guitare et lecture atténuer cette ivresse douce ivresse latente s’être attardé encore un verre et puis un autre manger se rétablir et lire ensuite seul et ces murs à moins qu’au cinéma là-bas en ville prendre la voiture ce week-end peut-être travailler demain lire un peu vidéos Internet flux des images pour l’ivresse douce vieillerie US agitation doux rockers déjantés frénésie punk retrouvée à l’écran ce monde figé collectors entassés inlassable se baigner au passé manger face au mur nu demain à la cantine face à face mastiquer parler peu l’inévitable antienne dire des élèves et leurs parents ces quelques cas mots de peu mots filets s’en dépêtrer penser encore penser mentir à soi aussi des balivernes qu’un jour bientôt nécessité absolue qu’un autre boulot une autre voie en attendant laïus facile fantasme économique les pieds ici les yeux ailleurs et ne pas voir grand-chose autour sinon la fuite se convaincre d’errance l’impression du mouvement son illusion manger là des jingles qui défilent cette voix qu’on pose arrière plan musical ce soir l’invité encore et encore des discours bout à bout disparate n’attendre rien nullement choisir écouter oublier intérêt passager demain peut-être en parler dans la salle des profs pouvoir rebondir communauté d’auditeurs partage d’un souvenir ces mots des autres tant bien que mal les redire trouver à redire commenter soi l’entre glose éternelle penser peu de bribe en bouts sans but ne rien atteindre amis effleurer rassuré qu’un autre à la même heure une autre postés là dans l’écoute habités de quelques phrases phrasé provisoire emplis vague nourriture ne convient guère nul aliment mis à part converser ensemble déverser se vider de s’animer encore solitudes en miroir de faciles diversions demain oui travailler quelques copies corriger autorité couperet qui tombe terminer ce paquet sur l’étagère voir le tas diminuer se montrer juste simple corvée travail à la chaîne lassé là aussi ces mêmes phrases s’en vouloir n’avoir su reproduction sociale la confirmer la rendre ferme soi même pourtant éviter l’usine se retrouver là prolétaire du savoir autre temps autres jobs tous ces livres laissés derrière soi bibliothèque universitaire ces phrases absconses jargon creux s’enivrer qu’un monde s’ouvre enfin recopier feuilles entassées citations listes des titres à lire laisser derrière soi chambre adolescente chez eux là-bas en faire quoi aujourd’hui demain démarrer la voiture descendre au parking la porte en fer local aux poubelles le concierge là sa patte folle cette place numérotée trois lignes blanches au bitume les rosiers un arbuste une cassette pour la route
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