28/06/2007
Le temps est passé du beau. L’humanité, quitte à y revenir, n’en a que faire pour le quart d’heure. Plus il ira, plus l’art sera scientifique, de même que la science deviendra artistique. Tous deux se rejoindront au sommet après s’être séparés à la base. Aucune pensée humaine ne peut prévoir, maintenant, à quels éblouissants soleils psychiques écloreront les œuvres de l’avenir. En attendant, nous sommes dans un corridor plein d’ombre, nous tâtonnons dans les ténèbres. Nous manquons de levier, la terre nous glisse sous les pieds. Le point d’appui nous fait défaut, à tous, littérateurs et écrivailleurs que nous sommes. À quoi ça sert-il? À quel besoin répond ce bavardage? De la foule, à nous, aucun lien. Tant pis pour la foule, tant pis pour nous, surtout.
Flaubert, Correspondance, à Louise Colet, 24 avril 1852