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WINDOWS NOTEBOOK 1

WINDOWS NOTEBOOK

Transcription avec ajouts et mini remaniements de quelques notes prises début juillet 2007, chaque soir ou presque, au cours d’une randonnée cycliste à travers les Flandres, avec femme, bagages et enfants.

Principe : noter chaque soir le paysage aperçu par la fenêtre d’une chambre, puis à partir du deuxième jour, y ajouter la transcription d’une scène, d’un souvenir de la veille (ou comment tenter l’addition de la perception visuelle et de la  reconstruction par la mémoire ; deux formes de retranscription peut-être à fondre un jour, ou autre chose…) ; se laisser la liberté de transcrire quelques souvenirs de lieux et de scènes resurgis pendant la retranscription, en lien avec la lecture du moment (en italique).

WINDOWS NOTEBOOK N° 1

Malo, agglomération de Dunkerque

De la fenêtre au cadre marron, peinture mate :

un entrepôt béton, un autre de tôle bleue, toits gris ; deux grues symétriques, la flamme d’une torchère dans le gris de la bruine ; au loin les lampadaires

un canal ; verdure, deux pierres levées, sorte de jardin public sur une mini colline, quelques bancs; un pont au dessus du canal 

les camping-cars regardent la mer ; caravanes fixes (années 60 ou 70) ; elles ne roulent plus depuis longtemps ; tout à l’heure une femme nettoyait son balai dans une flaque de pluie ; un gosse de ses deux mains jouait avec l’eau, son vélo laissé à terre

avoir lu Le Vent de Claude Simon ; d’un écho laissé : avoir tenté de retranscrire le souvenir d’une scène de violence, poing d’un gitan dans la nuit ; avoir le sentiment que Mychkine est en partie miroir ; s’y lire et Montès en double résonance

simili travellers tout à l’heure, tapis tendu sur le minibus : Hare Krishna rama rama hare hare

une façade en ruines, vide de tout arrière-plan sinon le ciel (l’horizon ?)

le clocheton de ce que la panneau là-bas nomme Citadelle (là-bas, adverbe illusion)

gauche

parking, verdure, mâts des voiliers, grue, lampadaires, torchères

(parmi la verdure, un chemin bordé de lampadaires)

droite

parking, canal, entrepôts, grues symétriques

Hier, Dunkerque

premier feu rouge d’après l’autoroute il était là, son carton à la main, prêt pour le défilé au long des voitures, money moneta l’espéranto du pauvre, ses 4 enfants évoqués au bout du carton, MANGER au feutre rouge

SANGATTE tout à l’heure, un nom sur une pancarte. Au tunnel sous

la Manche

ils se ruent. (échangeurs, disques et rubans de béton au milieu de rien, se superposent et s’enchaînent ; un monde neuf où l’individu debout n’a pas sa place)

misère, silhouette du fou barbu, vieux et roux, si précautionneux d’un pas l’un devant l’autre, lent, paume en avant l’œil circulaire ; encore un pas dans son manteau.

20/08/2007

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Partir Revenir : d’où l’on vient

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6/08/2007

partir revenir

bruit du moteur courroie qui tourne bruit continu puis les dents sur le bois scie rapide par deux fois la pièce de bois posée ajustée cogne au métal du guide les yeux dans la sciure assis sur ce lit fenêtre ouverte yeux clos se calmer non le passé ni le souvenir mais dans leurs yeux les métastases d’une légende et de nouveau replié là adossé à l’oreiller le bruit continu du flot des voitures moteurs l’étagement des vitesses cliquetis des poids lourds au rond point bourdonnement sourd et surgis une moto camion hoquette moto s’étire descendent et montent ralentir relancer soi immobile et dehors la vie qui va flot continu flux qui bourdonne attendre encore attendre ou faire s’emplir et s’amputer toi puisque toi là ta silhouette et tes mots pouvoir repartir se savoir revenu seulement revenu libre de simples entraves te laisser de nouveau à la gare t’embrasser sur le quai te regarder monter nos deux gosses à tes mains ils sont là derrière avec leurs chiens leurs canettes leurs duvets mal roulés être loin toi nos deux gosses légionnaires paquetage au sol veste bleue SNCF toi qui t’assois leurs deux mains levées ton doigt pointé vers moi au coup de sifflet et retourner à l’écran toi là-bas avec eux pendant que dire le monde les os qui s’entassent et la pluie dans mon crâne