Découverte étonnante, cet après midi de juillet
Découverte étonnante, cet après midi de juillet, assis la terrasse de ce bar. Je sortais de la gare de Nantes, avec cette impression idiote d’à nouveau replonger dans la plus élémentaire des solitudes. Ton visage derrière la vitre du train, nos deux enfants, leurs épuisettes encombrantes et puis ce coup de sifflet… Mains ballantes sur ce quai, marcher tandis que le train s’éloigne, un dernier signe de main, apercevoir le mouvement plus que les corps, deviner, reconstituer le puzzle… Vite descendre l’escalier, à contre courant, de la masse en vacances remonter les couloirs, carreaux de faïence aux murs, publicités, assaillis de visages, quelques mots happés au passage, formules en lettres grasses, silhouettes mobiles, corps contournés, seul avancer là, de nouveau désemparé de se sentir parmi, non pas libre ou disponible, pas même ballotté, mais debout jusqu’au vertige, cet espace qui s’ouvre, ce hall de gare, l’après midi vide, de nouveau l’œil à celui qui, sac de couchage roulé sous un bras, une cigarette dessus l’oreille, allant venant, l’errance où l’on se jette, suffisamment de produits ingurgités pour que la route ne s’arrête plus, mouvement vers le prochain festival et là cul à terre près d’une fontaine, pavés roses de la rue piétonne, corps qui s’effondre au cercle, les chiens couchés, les boîtes de bière, ce temps que la chimie modèle, pétrit, étire et bascule au trou noir… Sortir du hall, vigiles aux chiens dressés entre leurs jambes, pantalons bleus et pelages sombres, courroie de cuir des muselières, tandis que cette femme noire, seaux au chariot, passant sa serpillière… Sortir de là, cette terrasse au trottoir, l’ombre des platanes, conversations des taxis, y aller boire une bière, ne pas repartir tout de suite, cette route si longue encore
Elle était là, posée sur la table, entre le cendrier et les verres vides. L’avoir saisie aussitôt, glissée dans la poche du pantalon, curieux de ce qu’une clé oubliée, bribes de mémoire électronique : y trouver quoi ?
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