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WINDOWS NOTEBOOK 7

Zeele

Même fenêtre qu’hier.

Le lampadaire d’Ostende, s’être souvenu de Paris, la rue piétonne en bas, cris des buveurs dans la nuit.

Ce que Montès aperçoit depuis sa fenêtre d’hôtel ; ce qu’une fenêtre trahit du regard.

A travers la fenêtre, le feu allumé tout à l’heure : d’autres s’y chauffent. Toujours, au dessus, le linge qui pend, sèche au fil tant bien que mal.

Scène

Couple au tandem. Femme à béquilles, genou enserré dans une alèse. Les avoir vus tous deux, à peine un kilomètre du camping, tandem au repos, elle assise sur un banc, lui photographiant des canards, un chaton qui tente de grimper au tronc d‘un arbre.

WINDOWS NOTEBOOK 5 ET 6

Zeele

Cette fenêtre hier, bois peint de blanc, en face la glycine qui s’étale, façade de pierre blanche, monstres sculptés (lions grimaçants), les fenêtres masquées d’un contreplaqué.

Ce soir, un rideau de jaune et d’orange, géométrie semblant d’ancre marine en verticale, quadrillage de trois barres horizontales ; de la même taille et horizontale, une traînée d’orange, fond jaune. Dehors il pleut à verse sur le camping.

Hier (scène)

La main sur sa joue d’enfant, lui disant il ne faut pas que tu aies peur, souriant au chien, caressant la joue, sans crainte ni de la bière ni de l’orage qui s’amène ni des croix de pierre grise derrière le mur ni de la photo du patron souriant dans son maillot cycliste son visage poupin d’alors.

WINDOWS NOTEBOOK 4

Brugge

Bois peint de gris, fenêtre plus porte-fenêtre. Balcon béton banché, balustrade ferraille peinte en gris, dessus deux serviettes un gant qui sèchent, s’agitent au peu de vent ; pelouse, ligne d’arbres, un mur de pierres ; toit de tuiles, cheminées de briques.

Dans la vitre de la porte-fenêtre, reflet de la façade de briques, deux fenêtres soulignées d’une ligne au dessus de briques rouges verticales (horizontales orangées, roses).

Hier, Gent

Sous la pluie, si difficile d’entrer dans la ville ; idem aujourd’hui pour sortir : fouler l’herbe d’oubli.

Ils attendaient les cyclistes du Tour, une bière à la main ; policiers à moto qui s’affairent et vrombissent.

La ville respire dans un peu de désordre, silence des moteurs tus, flot lent de la masse ambulante. Le désordre ne sera pas télévisé.

WINDOWS NOTEBOOK 3

Ostend

Les briques sont là, derrière la fenêtre d’angle. Le bruit des voitures, les piétons dans la rue. Briques grises, briques rouges. Bibelots aux fenêtres.

Les centres villes sont vieux, insalubres. Travaux, tas de palettes…

S’être dit qu’à Rennes,  de la place Saint Michel à Straatlange, mêmes bars où Hendrix, BB King et les autres, à boire entre tribus, les pigeons les passants, un samedi soir où la béance les sonos qui balancent et soi autour d’une table ne sachant trop qu’y faire d’un peu moins de jeu deux gosses qui jouent courent en cercle et chassent les rats à plumes leur rire à l’envol le bruit des plumes à l’air

Hier, Ostende

Mains aux sables un château, tous quatre à genoux

Charcutier né près de la frontière, sa famille entre France et Belgique. Guerre de 14, « plus un Belge en Belgique si… » Soldats français, anglais, ne rentrant jamais : massacres. A l’arrière des combats, ravitaillement, s’enrichir. « Avec un hectare cultivé, ils achetaient un autre hectare. »

Ailleurs s’entendre dire le passé

WINDOWS NOTEBOOK 2

Oostduinkerke (Belgique)

Ce soir, porte-fenêtre PVC, marron et gris, dallage : deux briques forment un L, et ainsi de suite jusqu’à une dernière rangée de rectangles uniformes. Un chemin, une voiture vient d’y passer, l’herbe au milieu. Des arbustes, un transformateur électrique, son rectangle (l’éclair sur fond jaune), briques claires, grises, 11 000 V.

A côté (droite), un rectangle de tôle blanche, toit de ferraille grise, l’abri de je ne sais quoi. Les trembles s’agitent au vent de la côte.

A new youth hostel, no kitchen corner

Plus loin, mais hors champ, la brique rouge, les tuiles rouges : celles qui tout le jour…

Hier, Ooostduinkerke

Son du didgeridoo, obsessionnel, dénué de sens ; un exotisme dans la norme