WINDOWS NOTEBOOK 9
Kluisbergen
Ce soir, assis devant la porte ouverte, l’un de ces bancs attachés à leur table de bois ; l’herbe, traces de pneus dans la terre sèche, un muret de béton légèrement de biais, haie d’arbustes au dessus (dire la pente !) ; puis les portiques blancs, balançoires, de temps en temps le visage de mes gosses, un drapeau rouge en berne faute de vent (marque de bière), une façade de briques rouges, larges fenêtres du Nord, tuiles rouges, cheminées de briques, une autre cheminée, ronde, sorte d’inox, cône coupé au dessus. Bockor, enseigne aux plis identiques de ceux sur les bouteilles de bière (vague parchemin), au dessus sans doute un aigle et le bandeau anno quelque chose, mais d’ici… Au dessus d’une enseigne lumineuse de couleur verte, le haut-parleur des jours de fête ; au fond, le rideau des arbres.
Scène
Forêt des Ardennes, cet après-midi ; arbres plantés à distance ; se souvenir de Mona et de Grange, assis à la terrasse (guinguette des bois) ; murs blancs, personne sinon cette femme et cet homme,lui un appareil auditif derrière l’oreille, et ce stylo bleu dans sa main ; elle l’écoute, sourit attentive ; puis elle rit et, redevenue grave plus qu’attentive maintenant que le silence, sort un papier qu’elle déplie, le lui fait lire ; lui jette un œil et ne dit guère ; il couche presque sa tête sur la table, elle se met à écrire, concentrée, sourire aux lèvres ; ne rien savoir que leur corps et son visage (lui de dos), tous deux parlant flamand à voix ténue.
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