Une sale blessure
Non le silence qui pèse, mais les mots absents, le vide auquel on s’abandonne se sent partir, cette chute de n’avoir su de n’avoir pu, lui soi, jeu de dupe jeu de masques et les années passées la sentence, ce sac balancé aux épaules que l’on voudrait qu’on porte et qu’on sait ne pouvoir, ce « tiens prends ça » puisque limite atteinte bientôt s’éteindre, ce jeu de double où se croire prolongé, d’un peu de vie palpiter, saisir l’encore une simple pirouette, miroir tendu où ne pouvoir se reconnaître, s’agripper en distance reconquise, non, pas soi, pas ça, que chacun à sa place, l’un au passé l’autre au présent, cette confusion où se perdre, où le vide enfin voilé, ce piège de l’identique d’une ressemblance, logorrhée pâle cette pâte immonde, que du père au fils et du fils à l’enfant, à peine paru et déjà nié, advenu et néanmoins figé englué sous la douceur des mots fixes, que l’un naisse que l’autre meurt, et que chacun tant bien que mal atteigne enfin sa limite, l’apprenne et s’y dessine, debout et fragile, éclos d’un moule brisé
Commentaires