27/11/2007
L’architecture et l’urbanisme d’aujourd’hui pourchassent, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus trace, dans la maison moderne le grenier, caverne aux trésors, sésame de l’imagination enfantine, tout comme avec la cave ils en extirpent le lest, les terreurs et les richesses souterraines. Dans cinquante ans, la poésie en portera les cicatrices, mais d’ici là elle aura mis la main sur des talismans de rechange. Tout fait penser que des symboles de mouvement (déjà la route, la voiture) remplaceront les prestiges des lieux clos, verrouillés, protégés, dont le château sous toutes ses formes était devenu pour nous depuis le moyen âge l’emblème inusable.
Julien Gracq, Lettrines
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