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Ton visage derrière la vitre

Ton visage derrière la vitre du train, nos deux enfants. Tu te débattais avec leurs épuisettes. Les placer là-haut, près de ton sac à dos. Si encombrantes. Et puis ce coup de sifflet. Et l’impression idiote d’à nouveau replonger dans la plus élémentaire des solitudes. Mains ballantes sur ce quai, marcher tandis que le train s’éloigne. Un dernier signe de main. Plus que les corps, percevoir le mouvement. L’effacement. Soumises à la vitesse, vos silhouettes qui s’éloignent floues. Devoir déjà reconstituer le puzzle. Seul au vis-à-vis de la mémoire.   

Descendre l’escalier. Le pas rapide. À contre courant de la masse en vacances, remonter les couloirs. Carreaux de faïence aux murs. Publicités. Assailli de visages. Formules en lettres grasses. Quelques mots échappés de leurs bouches. Recueillis au passage. Bribes incohérentes. Marcher vite. Corps contournés. Sortir de là. Désemparé. Parce que, de nouveau, se sentir parmi. Non pas libre ou disponible. Pas même ballotté. Mais debout jusqu’au vertige. Traverser cet espace qui s’ouvre à chaque pas. Et rejoindre le hall. Jambes écartées des vigiles. Pantalons bleus et pelages sombres. Queues aux guichets. Courroie de cuir des muselières. Sac de couchage roulé sous un bras. Une cigarette dessus l’oreille. Allant venant. Seaux au chariot, sa serpillière. Cous tendus aux tableaux d’affichage. Valises aux pieds. Qu’elle efface tout, cette femme noire. Les pas perdus et le reste. Cet après midi sans projet, sinon rouler. Cette maison vide où rentrer. L’errance où l’on se jette. Une boîte de bière à la main, s’engloutir au temps que la chimie modèle. Pétrit. Étire. Et basculer au gouffre.

Attendre un peu. Ne pas repartir tout de suite. Cette route si longue. Aller s’asseoir en terrasse. Y boire une bière à l’ombre des platanes. Corps qui remuent. Corps qui passent. Voyageurs aux bagages. File des taxis qui s’avancent. Ne rien vouloir sinon s’abandonner…

Perte ou bascule (video-texte)

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ESSAI 1

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5/12/2007

Il courait dans la nuit. Seulement deux lignes fluorescentes, le clignotis d’une ampoule.

Quelques heures plus tôt, l’homme aux cheveux blancs restait assis. Son addition pourtant réglée depuis longtemps. Guère à sa place, ses chaussettes de laine tricotées sous le jean un peu trop court. Ses gros doigts qui caressaient la table, rechiffonnaient sa serviette. Ne se décidait pas à reprendre sa veste. Sur la doublure, ces lettres qui se répètent: extreme land. Qui de ceux qu’il porte à la clinique un peu plus haut?

Sept ans plus tôt, même brasserie Mondésir, d’une bière et d’un sandwich puis remonter là haut.

Galerie marchande

Parallèles et perpendiculaires, couloirs de la galerie offerts en labyrinthe, sitôt après l’ouverture, quand peu encore pour l’arpenter, sinon quelques hommes à casquette, surgis des franges de la ville, jardiniers aux mains lourdes, mutiques et solides, comme remontés du passé, marchant trop lourd, trop droit, car ne savent qu’ici l’on flâne, la bouche pleine, le regard flou aux vitrines, reflets qui s’entremêlent sans pourtant jamais s’y perdre totalement, le mouvement les sauve, glissent aux surfaces planes du carrelage et du verre, fantômes légers passant d’une case à l’autre, ces cubes du rêve où tout s’enchaîne et vient se fondre sur la rétine, nulle préhension, nulle appréhension, seulement le flot sans vertige, l’empilement sans conséquence des lapins nains des aquariums, cousins violets paires de lunettes logos des banques fleurs en pagaille, et quid de cette longue vue?

Sans vertige

Passer là

Ne rien voir

Même si le pvc d’une fenêtre et l’homme à la barbiche, territoire after shave, parle fort, parle gras… pour plus de sécurité bientôt les assurances vitres qu’on blinde…

Hoche l’homme vieux qui l’écoute.

Pantalons noirs, hanches soulignées, seins rehaussés, les filles attendent surmaquillées. Sur la pointe des pieds, elles essuient la poussière des étagères, le dos rond passent une serpillière.

1/12/2007

D’un alphabet cinétique

O. dévala la pente comme balle aux rebonds. Z. s’y serait sans doute brisé dans l‘élan d‘une roulade impossible. Et K. aurait fini sa course fiché en terre.