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Ton visage derrière la vitre du train (2)

Ton visage derrière la vitre du train, nos deux enfants. Tu venais tout juste de t’asseoir. A l’instant, ton buste qui s’étire, tes bras levés parce leurs épuisettes, si encombrantes déjà dans les couloirs, traînant au sol, cognant autour. Si maladroits. Bien plus hautes qu’eux. Réussir à les placer là haut près de ton sac à dos. Qu’à peine le train démarré elles ne retombent. Quand ce coup de sifflet. L’homme en bleu et sa casquette. Et déjà la distance qui s’instaure. Qu’on réalise. Mains ballantes sur ce quai marcher tandis que le train démarre. Un dernier signe de main. Plus que les corps percevoir le mouvement. Soumises à la vitesse vos silhouettes qui s’éloignent floues. Vous que j’ai dit miens vous effaçant sous l’accélération. Se dire qu’un puzzle à reconstruire. Et l’impression idiote d’à nouveau replonger dans la plus élémentaire des solitudes. Celle qu’on croyait mise à mal. D’expérience la savoir si troublante et douloureuse. Mais bien devoir l’admettre. Puisque seul au vis-à-vis de la mémoire.

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