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faire rempart du langage

quinze ans huit heures du matin coma éthylique quatre tournées deux centilitres vodka une demi bouteille achetée la veille anniversaire fermeture temporaire il empilait les couches de vêtements le froid la nuit sa voiture leur dire qu’au travail un parking y dormir et l’hiver se dire que ces vêtements dissimulés un sac au coffre quatre heures durant sur le trottoir d’en face métal en boucle sans qu’un instant son corps ne bouge son visage pâle de jeune femme immobile ce qu’elle attend les voisins d’en face non plus attendre mais dire quoi posée là déranger qui signifier qu’un pan qui s’écroule un tournant une impasse théâtrale une fiction qui surgit un mensonge silencieuse y trouver quoi sous les plis du métal cette voiture où soi seul un recueillement si long s’y endormir qu’ils y croient encore un peu que la vie continue vaille que vaille coûte que coûte des mots une chape de plomb une autre vie et demain s’enfoncer dans l’oubli silhouette qui s’effondre jambes qui plient sous l’alcool quatre jours d’hospitalisation deux grammes et quelque assez pour qu’au silence qu’enfin plus rien n’atteigne parce qu’il faut que ça sorte d’une manière ou d’une autre batterie qu’on cogne ou verre qu’on brise pour mieux crier un flux qui s’amorce charrier hoquetant la vie qu’on dénude le réel qui échappe et qu’on a cru destin parce qu’illusion c’est trop et qu’on a ces mots là qu’il suffirait de commencer un roulement une gorge qu’on racle ou un accord de quinte et lentement désordonné en furie bribe à bribe faire rempart du langage

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