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transcrire encore

Cette clé en poche, ni de contact ou d’une porte, mais clé mémoire, clé qui clignote comme un portail qui s’ouvre, le temps que sur l’écran  ses trappes enfin livrées, ces mots qu’on porte, quelques images, ce qu’on a cru bon d’en dire, utile de préserver, s’en préserver, s’en protéger, mais s’y livrer, s’y délivrer, tourner autour et croire au vertige, un début seulement, la route est longue encore, une scène banale, une sale blessure, remonter ce fleuve, et si loin des pluies océanes, transcrire encore

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Un nouvel espace de liberté sur le Net: www.publie.net

Initiative intelligente et généreuse de François Bon pour voix diverses. Et se sentir un peu fier de participer à l'aventure (voir "zone risque", espace "découvertes").

ce qu’on y

Ce qu’on y risque, ce qu’on y ose, déposition limite atteinte, ce qu’on y trouve de soi, qu’on y déchire, liminaires effondrés, ce qu’on y cherche, ce qu’on y fouaille, fouille au corps systématique, ce qu’on y habite, ce qu’on y héberge, reflets pâlis et murs en brut, ce qu’on y fuit, ce qu’on y rêve de fracasser, double grosse caisse et halètement, ce qu’on y meurtrit, ce qu’on y grave, fenêtre au vide, ce qu’on y panse, ce qu’on y

traces et stigmates

La vie est ailleurs, très loin. Ici, on repose.

(J. Gracq,

La Presqu

’île)

Nous n’habiterons pas vos ruines, et vous le savez : feinte inutile quand nos fantômes se sont ancrés, abîmés au plus creux de nos ventres. Quand depuis si longtemps affleure l’écho des mots enterrés, litanie vaine qui n’écorche plus guère. Empâte seulement. Martèle le palais de syllabes inutiles. Et pourtant, avoir cru vous laisser resurgir sans une plainte ! Dans l’espoir d’y trouver quoi ? Sinon la force d’abolir la confusion initiale. D’enfin distinguer traces et stigmates.

simple annonce d’un lent déport

Ils étaient de ceux à qui l’on doit, non de ceux dont tant bien que mal, proches mais non élus, vous laissent leurs dettes, ces conflits non résolus qu’ils portent encore en bouche, et qu’ils voudraient qu’on perpétue quand sous le marbre, silencieux de leur seul nom gravé, pas même inquiets du cliquetis de leurs clés jetés sur la fosse, tant d’années irrésolus, portes closes sans qu’ils sachent trop pourquoi, pendant que d’autres, curieux d’un seuil, nullement soucieux de leur silhouette au chambranle, porte franchie, porte passage à l’éclos, courant d’air ou claquement ces vibrations perçues, ce signal aussitôt compris, l’appel entendu du dedans, là qu’il faut, là que le manque et la perte et la voie, qu’importe si difficile puisqu’attiré, et que certain qu’on gagne à l’abandon s’il est mouvement, ou même simple annonce d’un lent déport

parce que les mots qui fâchent, les mots qui chantent

longtemps l’avoir porté en silence, aujourd’hui le raviver, lui qui savait briser les chaînes, livres en rafales sous le papier kraft, aucun mot n’est de trop, pas même latin ou grec, parka kaki casquette marine, muscadet au goulot, cette photo quelque part, la pipe éteinte, stylo à bille, la barbe longue, les yeux qui plissent, le front qui ride, avec qui les Stones et Lucy in the sky quand l’électrophone sur l’estrade, ou qu’un, sorti de nulle part, guitare au dos, lui demander de jouer, quelques heures de pluie de Dylan à Ferré, parce que les mots qui fâchent, les mots qui chantent, et qu’aider ceux qui encore sur la route …