un tel chantier
Démolition, entasser ces ferrailles où ne plus rien reconnaître, empilement tors et radical où tout s’emmêle, cet inextricable de la benne, ce container qu’on a abandonné là, au beau milieu de la rue, certitude que nul n’y touche, ne veuille l’emmener, benne rouille où le métal tordu s’amasse, plus rien bientôt du hangar, de l’usine, la semaine prochaine au plus, une question de jours, ces tôles qu’on abat, le toit déjà parti ces piliers un à un tendus vers le ciel gris, qu’il n’en reste plus rien (ce fracas des tôles qui retournent au silence), qu’à grands coups de masses, de tout le poids de la matière, qu’un à un les plans du bâtiment s’affaissent, que rien ne demeure debout, que s’entassent les poutrelles horizontales et muettes, déjà tordues comme si le feu, ou cette quelconque mâchoire capable de broyer déchiqueter n’en rien laisser, que tout cela fonde et reprenne forme tandis que soi
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