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et lentement du côté des ombres

voie ferrée en surplomb d’un doigt la cassette au lecteur volets clos des bâtiments SNCF vitres brisées caténaires de la voie ronces du talus au feu rouge un pont de pierre le bar en face lumière saturée sur l’esplanade calcaire

masse béton voie rapide chaque fois des affiches cirque FN joui.com affiches recouvertes affiches qu’on déchire quelques lettres de peinture noire clignotant Willie Mae Willie Mae turnaround s’inscrire au flux

déjà loin Willie l’aimée plus qu’un prénom syllabes en bouche au mieux sa photo sous le cuir d’un portefeuille les voix peut-être les plus rapides à s’éteindre

sauvegardée la sienne race records traversée d’un siècle s’inventer un folklore et pourtant qui encore une patte lapin en poche le souvenir du tracteur et le blanc du coton qu’importe ailleurs la réponse l’hésitation majeur mineur et soi seul sur la route abandonné ou fou d’amour les plaies que l’on noie ces carrefours dont on ne sait trop quoi faire

s’abandonner à la rocade ses panneaux pris au flux pas d’hésitation ici rouler au cul d’un camion d’un doigt dans la poussière un doigt a écrit sale continuer régulier sur la rocade s’éloigner des lotissements aux tuiles béton quelques immeubles puis la suite des hangars un camion posé sur le toit de l’un champs de poiriers les ronces aux pieds sortir bientôt

si peu sûr dans cette ville si souvent s‘y presque perdre il y a peu des travaux sur les quais fidèle au fleuve l’axe perdu ne plus savoir où dessus dessous plaques de béton de nouveau tenter les quais qu’un peu plus loin peut-être descendre cette rue sienne presque dix ans

ces volets gris combien de fois de ses mains les avoir poussés refermés sur la nuit l’admettre morte puisqu’elle aussi ses volets clos la vieille du dessus la proprio corps malingre corps voûté sa veste bleue et son caddy dans le couloir au pied de ses escaliers les poireaux qui dépassent sa silhouette dans la cour sans un regard échangé glisser un sac dans la poubelle

descendre vers

la Loire

toujours ces travaux que jamais cette ville ne soit devenue sienne y vivre depuis presque vingt ans y glisser sans traces repères dissous aussitôt oubliés sinon ce fleuve

qu’une nuit assis sur les pavés seuls le cri des oiseaux l’eau qui coule et la lumière des lampadaires sur l’autre rive ne rien lui dire pas cette fois simplement l’abandon nullement souffrir du silence deux dans la nuit l’alcool ne délie rien le vide délite

remonter jusqu’à ces volets gris et dormir lourd seul ne parvenir à s’inscrire dans l’espace seul engoncé d’errance nulle part et partout n’être plus qu’un regard effacer l’isolement voir au travers sans percer les mystères et lentement du côté des ombres

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