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les constellations étaient chaos

J’ai vu les soldats poser le lance-roquette en mains, les carcasses de voitures calcinées, les grands yeux ronds des enfants presque morts, les façades des immeubles en ruines, là où sniper, un mot nouveau

J’ai dormi sur les bancs des villes, un sac à dos dessous ma tête, un portefeuille glissé au slip, rencogné le long des vieilles pierres quand le vent froid

J’ai marché ignorant le nom des herbes, des arbres et des buissons, les constellations étaient chaos

J’ai marché la tête basse sur les trottoirs, regardé de longues heures aux terrasses, sans que jamais pourtant vraiment dilué

J’ai chanté des mots anglais, joué des notes en boucle

J’ai entendu le nom des décideurs des politiques politiciens le cours des bourses taux d’inflation relance reprise rigueur chômage pragmatique

J’ai vu les herbes hautes tout autour des hangars de tôle, les portails clos (même les lettres pour nommer avaient été déboulonnées)

J’ai bu des verres de blanc, le rond des verres sur la toile cirée, jusqu’à ma main posée sur la cuisse, l’autre au godet

J’ai récité des verbes irréguliers, des déclinaisons latines et allemandes, debout devant un buffet ciré, les clés astiquées

J’ai écouté des vies, des mères reniées, des pères trop morts, vies qu’on détisse, mots détestés

J’ai ouvert les livres sans savoir quoi, Strogoff fut le premier choisi, tout de suite à droite après l’entrée, incapable de remonter plus loin

J’ai écouté une vieille dame parler voyoucratie et Mitruand, un lavoir dans la cour, liseré doré sur les verres de cassis

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