s’accommoder du silence
voie ferrée en surplomb d’un doigt la cassette au lecteur volets clos des bâtiments SNCF vitres brisées caténaires de la voie ronces du talus au feu rouge un pont de pierre le bar en face lumière saturée sur l’esplanade calcaire
masse béton voie rapide chaque fois des affiches cirque FN joui.com affiches recouvertes affiches qu’on déchire quelques lettres de peinture noire clignotant Willie Mae Willie Mae boucle rassurante du turnaround maintenant s’inscrire au flux
déjà loin Willie l’aimée plus qu’un prénom syllabes en bouche syllabes en tête au mieux sa photo sous le cuir d’un portefeuille l’image figée celle d’un passé sur les tombes ainsi les médaillons regard encore distance creusée porter en soi souvenir vivant une imposture souvenir seulement recomposition l’imaginer ombre fuyante inexacte et sienne
les voix peut-être les plus rapides à s’éteindre s’accommoder du silence des quelques mots qu’on garde des questions sans réponse le deuil et l’absence sont silence de l’autre sinon les rêves le téléphone résonance d’une voix quand parler haut et seul l’espace qu’elle creuse autour et le sentiment d’inutile d’une si faible parade
pris au flux s’abandonner à la rocade continuer régulier s’éloigner des lotissements leurs tuiles béton quelques immeubles puis la suite des hangars un camion posé sur le toit de l’un champs de poiriers les ronces aux pieds quitter bientôt à peine un kilomètre
effleurer la ville sans y pénétrer si souvent s‘y presque perdre si peu sûr il y a peu des travaux sur les quais ne plus savoir où dessus dessous plaques de béton fidèle au fleuve l’axe perdu de nouveau tenter les quais qu’un peu plus loin peut-être
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