tout cela à la fois
Pour le reste, le livre est composé sur plusieurs plans, des accès étant aménagés, je l’espère, pour quasiment toutes les catégories de lecteurs, car ma méthode est, je le dis en toute humilité, à l’inverse de celle de M. Joyce, c’est-à-dire méthode de simplification, dans la mesure du possible, d’éléments à l’origine plus déroutants, plus complexes et ésotériques dans leur manifestation, au lieu de l’inverse. Le roman peut donc se lire très simplement comme une histoire qu’on saute à volonté. Il peut se lire comme une histoire d’autant plus riche qu’on en sautera aucun passage. Il peut être envisagé comme une espèce de symphonie ou bien une sorte d’opéra, voire d’opéra-comique. C’est de la musique hot, un poème, une chanson, une tragédie, une comédie, une farce, tout cela à la fois. C’est un livre superficiel, profond, passionnant, rasant, selon les goûts. C’est une prophétie, un tract politique, un cryptogramme, un film grotesque, un graffiti. On peut même le considérer comme un mécanisme : d’ailleurs efficace, croyez-moi, j’en sais quelque chose. Et si vous commencez à vous demandez si je ne chercherais pas à en faire autre chose qu’un roman, autant que je vous dise tout de suite que je l’ai conçu comme roman, un roman d’ailleurs profondément sérieux, en dépit des apparences que je donne.
Malcolm Lowry, lettre à Jonathan Cape, éditeur, à propos de Sous le volcan
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